Un espace, où histoire, patrimoine et art sous toutes ses formes se mettent en valeur mutuellement...

La galerie de la faïence est un espace, où histoire, patrimoine et art sous toutes ses formes se mettent en valeur mutuellement.
Le musée de la Faïencerie qui jouxte cette galerie propose, pour cette nouvelle saison, une exposition intitulée « Le village sur faïence », entièrement mise en scène par Sylvie BITON ainsi que Robert, son époux, tous deux spécialistes de la faïencerie d’ANCY LE FRANC et attachés à faire de nombreuses recherches sur l’histoire locale et les villages du Tonnerrois.

 

Isabelle CAMARRIEU est poétesse, peintre, graphiste et chanteuse qui partage son temps entre Tonnerre et Créteil.
Je demanderais à l’artiste d’être indulgente car son éclectisme m’a quelque peu déstabilisé dans la rédaction de cette présentation…
Une dizaine d’expositions lui ont été consacrées, à Paris et à Saint Pétersbourg, depuis l’an 2000. Depuis 2014, elle est graphiste designer numérique pour le groupe Héluim, collectif de soundpainters qui crée des dessins entièrement numériques, projetables en grande dimension en salle de spectacle ou sur les murs de la ville.
Formée au conservatoire de Nijni-Novgorod (Russie), elle est également co-autrice et compositrice de chansons avec l’accordéoniste Christian Meylhiet. L’artiste Isabelle CAMARRIEU est présidente de l'association Festival O+O, festival interdisciplinaire de poésie de la Butte-aux-cailles à Paris.
Ses œuvres ont été achetées par plusieurs collectionneurs privés, surtout à Paris, en Normandie et en Russie. Une partie de ses œuvres est exposée dans la galerie du mouvement Mitki à St Petersbourg.
Un de ces triptyques a été commandés par un chercheur de l'institut Pasteur. Issu de la série des tableaux parcours, Il symbolise ses recherches en cancérologie.
Isabelle CAMARRIEU est une artiste qui travaille par séries.
Les plexis sont des œuvres réalisées sous plexiglas ou verre qu’elle expose dès 1997.
Les monotypes qui accompagnent sa poésie dans l'ouvrage Somme d'idéogrammes sont des œuvres suggestives d'ambiances urbaines ou domestiques.
La série « cinétics » propose un travail direct de l'encre sur papier, ou le contraste et la dynamique flottante, ou humoristique des objets sur la surface noire, n'est pas sans rappeler l'image cinématographique.
La série « tableaux parcours » sont des acryliques sur bois, travail dans lequel le regard du spectateur est invité à un parcours... Même si le tableau inclut une figure principale, il est possible de la redécomposer en éléments disparates.
Avec la série « Nouvelle flore », l’artiste dessine ensuite une série de fleurs imaginaires, à l'encre de chine, composant de façon fantasmatique les éléments végétatifs des appareils reproductifs floraux, et crée des chimères...
Avec la série « matrices de hasard », Isabelle CAMARRIEU crée une série d'œuvres en deux volets. Une partie est générée par un mécanisme de surface, l'autre de traits. Son travail consiste à développer chaque fois, le volume et d'ainsi ramener l'informe vers une génération dans l'espace. Travail d'encre, pour la surface de hasard et travail à la mine de plomb pour le hasard par traits.
Avec « Trio », l’artiste entame une série de dessins aux pastels secs. Elle se concentre sur la figure, simplifiée, voire géométrisée. Après un certain temps, elle développe un vocabulaire formel très restreint.
Celui-ci lui sert, par combinaison à réinventer toutes les formes figuratives, tout en créant l'unité de style.
Si Isabelle souhaite évoquer précisément les œuvres qui sont exposées, je lui cède volontiers la parole.

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Vanessa ROYANT rencontre le verre très tôt dans sa vie en commençant sa carrière par une formation en décoration sur verre à Troyes, avant d’effectuer une formation de souffleuse de verre au Cerfav de Vannes le Châtel. Elle part ensuite vivre 7 ans en Scandinavie, au Danemark et en Norvège, où elle multiplie ses collaborations, développant ainsi sa sensibilité au matériau.
Le verre filigrané retient alors son attention et deviendra la principale technique employée dans ses œuvres.
Forte de ces années de pratique et de rencontres, Vanessa ROYANT installe son atelier LOVA en Savoie en compagnie de la souffleuse de verre Laure COUTAZ. Durant 7 années, dans cet écrin à flanc de montagne, ses créations émergent soutenues par l’exigence de son geste. Elle privilégie la sobriété des formes afin de révéler la complexité des filigranes. Les monochromes noirs, transparents et le fil blanc deviennent les éléments de son écriture.
Son expérience l’amène aujourd’hui à collaborer avec des souffleurs de verre en France et en Europe, tout en poursuivant sa pratique artistique. En 2020, elle éblouit grâce à une sélection de pièces d’une finesse remarquable lors d’une exposition monographique à la Galerie ARTES de Troyes.
Selon Maïlys CELEUX-LANVAL, l’artiste évoque volontiers un rapport corporel intense et singulier au travail de verre en parlant de « chorégraphie des gestes ». Je la cite : « mon travail se compose de formes épurées. J’utilise aussi bien la sobriété d’un verre noir opaque que la complexité d’un verre filigrané ». Elle accorde également « une importance toute particulière aux détails formant une trame décorative. » Ses pièces sont habitées de lignes qui font naître dans les esprits imaginatifs différents souvenirs tels que toiles d’araignées, plumes d’autruche, chrysalide de papillon…  Parfois elles semblent saisir des traînées de lumières dans la nuit, comme on photographie le passage d’une étoile filante ou les lumières de la ville.
« Chaleur, rotation, gravité : trois outils invisibles mais essentiels dans le travail du verres soufflé » souligne l’artiste. Là est la source du plaisir visuel que provoquent ses sculptures de verre. Cette maîtrise absolue de la matière, avec une retenue et un minimalisme qui sont sa signature nous offrent la possibilité de nous y refléter, projeter notre histoire et construire notre monde…